L’éthique animale en bref

L’éthique animale est l’étude de la responsabilité morale des hommes à l’égard des animaux non humains pris individuellement. En clair, l’éthique animale s’interroge sur nos devoirs envers les animaux, non en tant qu’espèce mais en tant qu’individus. On distingue deux courants qui s’opposent : le welfarisme et l’abolitionnisme. Derrière ces deux divisions s’opposent deux approches : le déontologisme et le conséquentialisme. Dans cette dernière, intervient une doctrine en philosophie : l’utilitarisme. (Carron, Antispéciste, 2016)

Welfarisme

De la racine anglophone « wel » (bien-être/bientraitance), le welfarisme peut se traduire par la politique du bien-être. Le welfarisme est une sorte de conséquentialisme et plus précisément, d’utilitarisme. (Carron, Antispéciste, 2016)
« Il se définit comme une défense du bien-être des animaux d’élevage qui ne remet pas en cause l’élevage. Dès lors, il devient difficile de dire si le welfariste est un fantasmeur ou un hypocrite.
Soit le welfariste est quelqu’un qui s’imagine qu’on peut élever des animaux dans le monde entier sans que jamais aucun ne soit frappé, ou affamé, ou assoiffé, ou maltraité d’une quelconque manière, et qui considère qu’abattre un animal pour vendre sa chair n’est pas un acte de violence à l’encontre de cet animal. Et là, on est dans le fantasme.
Soit le welfariste est quelqu’un qui défend le droit des animaux à ne pas souffrir, tout en acceptant qu’ils souffrent pour que l’on puisse les utiliser pour leur lait, leur viande, leur laine, ou quoi que ce soit. Etant donné que les véganes prouvent chaque jour que ces choses ne sont pas nécessaires, considérer que ça vaut le coup que les animaux souffrent pour ça, tout en prétendant défendre leur droit de ne pas souffrir, c’est de l’hypocrisie »
Nous pouvons donc en déduire que le welfarisme est une absurdité pour la défense de la cause animale. (Du welfarisme a l’abolitionnisme, ou comment la cohérence éloigne des normes, 2011)

Abolitionnisme

Attitude, doctrine de ceux qui demandent l’abolition d’une loi, d’une coutume, en particulier de l’esclavage et de la peine de mort. Beaucoup conçoivent le véganisme comme le fondement moral de l’approche abolitionniste. (Larousse)
Les abolitionnistes, à l’inverse des welfaristes, estiment que « l’élevage heureux » ne peut exister, qu’aucun animal ne doit jamais être un moyen au service de l’homme, et ils réclament donc la fin de toute formes d’exploitation animale. (Carron, Antispéciste, 2016)

Déontonlogisme

Le déontologiste considère que nous avons des devoirs moraux qu’il faut respecter en toutes circonstances. Il convient donc de s’intéresser qu’à l’action elle-même, sans se préoccuper du résultat. (Carron, Antispéciste, 2016)

Conséquentialisme

Le conséquentialisme est le point de vue moral qui prend les conséquences pour seul critère normatif. On oppose généralement le conséquentialisme aux éthiques déontologiques, lesquelles affirmant que chaque action humaine doit être jugée selon sa conformité (ou sa non-conformité) à certains devoirs, et à l’éthique de la vertu, laquelle se concentre sur le caractère et les motivations de l’agent. (Le conséquentialisme, s.d.)

Utilitarisme

L’utilitarisme, qui est une déclinaison du conséquentialisme, se fixe pour but le plus grand bonheur du plus grand nombre. (Carron, Antispéciste, 2016)

Le spécisme

Le spécisme est à l’espèce ce que le racisme et le sexisme sont respectivement à la race et au sexe ; c’est la volonté de ne pas prendre en compte les intérêts de certains au bénéfice d’autres, en prétextant des différences qui sont dépourvues de lien logique avec ce qu’elles sont censées justifier » (Action antispéciste contres toutes les formes de domination)
En pratique, le spécisme est l’idéologie qui justifie et impose l’exploitation (cf. glossaire) et l’utilisation des animaux par les humains d’une manière qui ne serait pas acceptée si les victimes étaient humaines. (cahiers antispecistes, s.d.)
Cette considération morale est omniprésente en nous depuis même avant notre naissance. Effectivement, depuis que nous étions dans le ventre de notre maman, nous avons été nourris et bercés dans une société spéciste. Cette dernière est bâtie sur un monde consumériste, anthropocentriste et capitaliste. Cela sous-entend que le pouvoir revient au plus fort, au plus riche et cherche à faire du profit. Ainsi le spécisme serait devenu la norme.

L'antispécisme

L’antispécisme entend dénoncer la domination et l’exploitation exercées sur les animaux. La mise en pratique des idées antispécistes tend au véganisme.
Ce mouvement a été nommé durant les années 70, bien qu’il existe depuis longtemps, comme peut le démontrer l’ancien président des États-Unis, Abraham Licoln, (18081865) par sa citation : « Je suis en faveur des droits des animaux autant que des droits de l’homme. ». Il s’oppose au spécisme par sa volonté de refus de domination bien que leurs défenseurs soient pour la considération égale des humains et des non humains, cela n’implique pas forcément un traitement identique. Par exemple, un antispéciste peut aimer davantage son fils que son chat mais ce n’est pas pour autant qu’il a le droit de vie ou de mort sur son animal, il lui doit le respect. Les spécistes ne sont pas nécessairement des amoureux de la nature et des animaux, mais juste des êtres respectueux du droit à la vie et le souci du bien-être envers son espèce et celle des autres. (L’éthique animale – Le spécisme)